"Parfois la note est un peu plus grave, ou plus prolongée. Il y a probablement différentes sortes de bêtes. Cependant tous ces cris se ressemblent ; non qu’ils aient un caractère commun facile à préciser, il s’agirait plutôt d’un commun manque de caractère : ils n’ont pas l’air d’être des cris effarouchés, ou de douleur, ou menaçants, ou bien d’amour. Ce sont comme des cris machinaux, poussés sans raison décelable, n’exprimant rien, ne signalant que l’existence, la position et les déplacements respectifs de chaque animal, dont ils jalonnent le trajet dans la nuit."

— Alain Robbe-Grillet, La Jalousie, Paris, Minuit, 1957, p. 31.